Description
📅 Jeudi 4 Juin 2026 | 🕐 21:00 | 📍 Bab Al Makina
Véritable épopée, ce spectacle célébrera un artisanat vivant et enraciné dans chaque quartier de la médina de Fès. Cette déambulation mettra en exergue un savoir-faire, le symbole même de la naissance d’une civilisation, dont la main de l’artisan se fera prolongement du souffle créateur.
Si l’on en croit l’allégorie, le geste de l’artisan est relié à la fondation du monde. Selon les livres saints ou d’après la mystique soufie, l’homme, façonné par Dieu, est né de l’argile : poli et lissé par la main du créateur.
L’atelier de l’artisan est, à cette image, un antre secret où communiquent, au sein du four ou de la forge, par le burin et le soufflet, les quatre éléments fondateurs : l’eau, la terre, l’air et le feu. Selon la loi pythagoricienne, l’artisan, à l’instar du poète ou du musicien est irrémédiablement lié aux forces cosmiques et à l’ordre des planètes.
Le fondateur de Fès, Moulay Idriss II, porte précisément le même nom que le Prophète Idriss – le transmetteur de savoir. Mentionné dans le Coran (xix, 56-57), celui-ci est assimilé à l’Hénoch de la Bible ou au dieu grec Hermès.
Éclairé par la révélation, chaque détenteur de savoir-faire artisanal incarne un métier – en fonction de son appartenance confrérique (hirfa) et de son maître spirituel (shaykh al-hirfa). Peuvent être mentionnés à Fès l’ordre des tanneurs (dabbāghīn), des teinturiers (ṣabbāghīn), des tisserands (ḥayyākīn), des cordonniers (khuḍḍām), des zelligeurs (zelliji), des menuisiers et artisans du bois (naqāshīn, zouāq) ou des dinandiers (naḥḥāsīn). Dans le souk el-Naḥḥāsine, « la rue du cuivre » est décrite en ces mots par Ahmed Tazi :
« Ciselures, arabesques, étoiles enchâssées dans les lunes et emmêlées de croissants, ces constellations que les disques de cuivre réfléchissaient comme s’ils avaient capturé des fragments du ciel, étaient l’affaire du burin. »
Comme il est indiqué dans une qasida du malhoum – poésie de l’artisan, chantée en arabe dialectal et en hébreu – la lumière diffractée par les lanternes des dinandiers reflète celle des astres célestes, du croissant de lune, des étoiles, des planètes et de leur signe astrologique.
En suivant les fils tendus par les tisserands dans les ruelles de la médina, nous remonterons le temps, jusqu’il y a cinq mille ans dans le palais de Si Ling-chi, jeune épouse de l’empereur Shi Huangdi, retournerons à l’origine de la route de la soie et traverserons le monde, de l’Inde au Kazakhstan. À travers l’art des zelliges, nous procèderons à une entrée en matière dans l’univers des mosaïques anciennes de Volubilis à la Grèce antique, tandis que la forge tellurique enflammera Bab Makina.
C’est dans le sillon de cette mémoire nomade que l’hommage ainsi rendu à la noblesse de l’artisanat se voudra défi civilisationnel, dernier pôle de résistance contre l’uniformité galopante enserrant le monde de ses griffes plastiques !
De nombreux artistes seront présents pour témoigner de cet hommage à l’artisanat fassi qu’ils soient notamment du Maroc, de l’Inde, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, de Chine, du Cambodge ou de la Serbie.


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