Description
📅 Vendredi 5 Juin 2026 | 🕐 15:00 | 📍 Jardan Jnan Sbil
Ensembles Yassawi et Qulansaz – Kazakhstan
Traditions nomades d’Asie Centrale
La musique kazakhe fait partie des musiques d’Asie centrale. Elle est l’un des lieux d’implantations majeures de la musique des steppes des bardes turcophones. Bien que sous influence soviétique pendant un temps, elle a su garder son originalité et malgré un certain syncrétisme entre l’Islam et le Tengri, le dieu au-dessus de tout des anciens chamanes, elle reste aujourd’hui profondément attachée à cette idée de nomadisme et de nature.
Le chant « kazakmu » est la revendication profonde d’un monde nomade lointain aujourd‘hui.
« On compare le chant épique kazakh Jyraou à un pur-sang qui galope » grace à la vélocité et la détermination avec lesquelles les anciennes femmes poétesses chantaient ce chant de la nature. Elles possédaient à la fois fierté guerrière et noblesse nomade, l’âpreté de son interprétation lui concédait plénitude et simplicité.
La tradition musicale kazakhe est la représentation sublimée du mode de vie nomade et de ses espaces infinis. Elle s’incarne dans la dombra, luth à long manche et à deux cordes. La particularité de ce chant, accompagnée à la dombra, est sa tonalité gutturale qui crée le lien entre le « zhyrau » et les ancêtres (aruakh).
Chez les Kazakhs, la vièle kyl-kobyz (kyl signifiant litt.“crin de cheval” en référence aux cordes de l’instrument) est, dans le mythe de création, le premier instrument de musique kazakh. Lié à Korkyt Ata, l’ancêtre de tous les baksy (poètes chamanes).
Équivalent du tambour chamanique sibérien, il sert de réceptacle des esprits, de monture symbolique, de figuration de l’univers. Il permet au baksy d’ouvrir une porte vers le monde des ancêtres.

