Vicente Amigo

Espagne

Le compositeur de Cordoue Vicente Amigo est unanimement considéré comme un virtuose de la guitare flamenca contemporaine.
Il fait ses classes auprès de El Marengue (Rafael Rodríguez Fernández) et El Tomate (Juan Muñoz Expósito). Et à quinze ans déjà sa carrière décolle ; il accompagne Manolo Sanlúcar, puis El Pélé, avant de se dédier à l’art du solo. Son chemin croise celui du vénérable chanteur Camarón de la Isla, du magicien guitariste John McLaughlin, mais aussi de Paco de Lucía, Milton Nascimento ou Enrique Morente.
On dit qu’il est reconnaissable entre tous par son style véloce et aérien, ainsi que ses thèmes accessibles à l’oreille profane, dans l’esprit des Romantiques du XIXe siècle. Le flamenco est pourtant omniprésent, entre la profondeur du son et les compas traditionnels.
Il y a vingt ans, il concrétise un rêve conjuguant le valse des cordes et la grâce des mots. Depuis, ce rêve se déploie sous une forme symphonique : Poeta. Cette création trouve sa raison d’être dans l’œuvre fondatrice du « fils préféré de l’Andalousie » Rafael Alberti (1902-1999).
Le premier recueil du poète avant-gardiste s’intitule Marinero en tierra (« Le Marin à terre »). Dans ces pages éclate un étourdissant plaisir de jouer – avec les images, les sonorités, les rythmes, l’élan vital. Même la nostalgie inspiratrice y est avalée par la course du soleil en été. Une voix s’élève, puissante, pour célébrer, par-delà l’univers maritime de son enfance à Puerto de Santa Maria, l’immense territoire poétique qui se livre à son regard. À vingt-trois ans, il obtient le prix national de poésie et rejoint la Génération de 27. Tout entier engagé, l’exil le soustrait à sa terre.
Vicente Amigo fait de ce recueil son compagnon et compose. Et à Rafael Alberti de reconnaître, peu avant sa disparition : « Vicente, si jeune