Forum de Fès

Le 13 et 14 juin 2020

L’Architecture et le Sacré.

A la grande salle de la préfecture Fès Médina – Batha

Argumentaire du Forum de Fès

L’architecture constitue une empreinte, un repère, un cadre et un cheminement des croyances, des religions et des spiritualités.

Toutes les civilisations et toutes les cultures qui les portent, expriment, donnent sens, vivent et inventent des mythes et des symboles liés aux différentes formes et expressions de leurs sacralités par et à travers des créations architecturales.

Les lieux de cultes – grottes, cavernes, temples, synagogues, églises, chapelles et mosquées – sont des constructions ou des aménagements faits pour des cultes et en fonction d’eux, en hommage aux référentiels de la sacralité concernée ou en hommage à des religions et divinités (au pluriel et au singulier).

Les humains, qui sont censés être (et qui le sont parfois) des créatures qui cherchent à donner des finalités surnaturelles et supra – naturelles à leurs croyances, organisent depuis des millénaires leurs habitats et leurs espaces de vie en conformité avec ce qui détermine et constitue leur sacralité.

Depuis les gravures rupestres, les temples incas, mayas, aztèques jusqu’aux bâtisses extravagantes des différentes catégories de pratiques cultuelles ; cathédrales, temples ou mosquées ; les secrets que livrent de mieux en mieux les moyens modernes des découvertes archéologiques, montrent que l’architecture renvoie à des formes multiples d’expression du sacré.

Les villes et les agglomérations humaines se développent souvent en fonction de ces monuments qui déterminent les contours, les orientations et les aménagements des espaces  et des modes de vie des populations.

La vie des communautés est souvent rythmée par leurs espaces sacrés.

La médina de Fès est une des illustrations parfaites de cette imbrication entre les lieux de culte, les mausolées, les cimetières et autres lieux de magie et de quête d’intercession entre les humains et les forces surnaturelles.

Il y les magnifiques appels à la prière qui offrent cette pyramide vocale “ chants religieux a-cappella “  qui montent des différentes mosquées de la médina en sons harmonieux, mystérieux, mystiques et apaisants.

il y a aussi toutes les medersas, toutes les calligraphies et décorations qui citent, rappellent ou suggèrent des références de l’islam.

Ces lieux et ces ornements ne sont pas en marge de la vie des gens ; ils sont dans le quotidien des populations, ils tracent  leurs itinéraires et norment les lieux et les espaces qui déterminent et rythment leurs quotidiens.

Cette sacralité qui transcende bien le contexte de la pratique religieuse, de ses calendriers et de ses codes, est la matrice du mode de vie des habitants.

Cette connivence qui gravite autour du religieux donne des dimensions spirituelles fortes aux relations entre la société et son architecture.

C’est ce que traduit souvent cette conception qui donne au patrimoine une tonalité qui dépasse son caractère humain, social, contextualisé et quelque  part éphémère.

 

La sacralité appliquée à l’architecture et au patrimoine peut aboutir à occulter sa nature sociale et culturelle pour lui donner des colorations universelles et perpétuelles divines.

 

L’architecture et le sacré constituent le thème de la 26ème édition du festival de Fès des musiques sacrées du monde et de son forum qui se déroule le samedi 13 et le dimanche 14 Juin 2020.

Les interventions vont  s’articuler autour de trois axes:

  • Les traces du sacré dans l’histoire de l’architecture ancienne ;
  • Les espaces et les modes de vie en relation avec le sacré dans l’architecture ;
  • Les symboles du sacré dans l’architecture.

 

Driss Khrouz

Directeur général