SANDRA BESSIS – CHANTS JUDÉO LADINO – FRANCE

SANDRA BESSIS – CHANTS JUDÉO LADINO – FRANCE

SANDRA BESSIS – CHANTS JUDÉO LADINO – FRANCE

  • Date: 18 Jun 2020
  • Heure: 18:00
  • Lieu: SYNAGOGUE
  • Prix: €20

D’AMOURS ET D’EXILS

La spiritualité des chants séfarades et arabo-andalous au cœur de la très belle synagogue de Fès-al-Djedid célébrée par Sandra Bessis

Sandra Bessis : voix, percussion
Brahim Djelloul Rachid : violon, voix
Ramis Jasko: accordéon

Née en Tunisie, où elle passe une partie de son enfance, Sandra Bessis explore l’univers musical judéo-espagnol, puisant aux sources de l’Andalousie médiévale.

Faut-il le rappeler, Sefarad signifie Espagne en hébreu. Ce mot désigne les descendants des Juifs expulsés d’Espagne en 1492, à la suite de la chute du Royaume de Grenade, dernier épisode de la reconquête chrétienne de la péninsule ibérique. Plus largement, on nomme ainsi les communautés juives du monde arabo-musulman, maghrébin, notamment, même si la majorité d’entre elles étaient composées de juifs de souches africaines issus de tribus berbères judaïsées depuis l’Antiquité, et non des expulsés de l’Espagne du 15e siècle.
Les chants séfarades qu’ils soient judéo-espagnols d’abord, venu de l’Andalousie médiévale, transmis et enrichi de siècles en siècles par les communautés nées de cette diaspora, et plus largement, la musique judéo-arabe, profane ou liturgique.
Avec « D’amours et d’exils », Sandra Bessis trace la route avec Rachid Brahim-Djelloul au violon toujours, et à la voix aussi. Leurs voix se croisent, tissent ensemble romances séfarades ou arabo-andalouses, mélodies grecques, et font écho l’une à l’autre.
En compagnie de Noureddine Aliane, ils ont l’habitude de se jouer des frontières : si le ‘oud sait rester fidèle à l’arabo andalou ou au Chaâbi, il se sent aussi chez lui lorsqu’il aborde les rivages de la Grèce ou de la Turquie.
Toujours cette source espagnole, fertile, espace mythique et souvent mythifié de la convivencia, et toujours l’amour, car de quoi parlent les chansons, hier comme toujours ? Divin, courtois, profane, contrarié, passionné, maternel ou filial, exalté ou malheureux, violent ou apaisé, c’est l’amour que l’on chante.
Et puis l’exil aussi, puisqu’autour de la Méditerranée sans cesse les hommes, les femmes, sont partis et revenus, parfois au gré de leurs désirs de conquête, mais le plus souvent bousculés par l’histoire, contraints à reprendre la route, la mer, à espérer que les vents ne leur soient pas contraires, les sentinelles trop vigilantes.

Le concert commence sous le signe du Divin, échos du couvent de Las Huelgas, Cantiga de Santa Maria, chant d’accueil du Shabbat, évocation des XII° et XIII° siècles espagnols. La voix parlée de Sandra Bessis rythme le spectacle, ponctuant la musique de bribes d’histoires, d’évocations brèves des lieux, des villes, des temps qui ont vu naître ces musiques.