Voix et géométries sacrées / L’architecture et le sacré / Soirée d’ouverture / International

Voix et géométries sacrées / L’architecture et le sacré / Soirée d’ouverture / International

Voix et géométries sacrées / L’architecture et le sacré / Soirée d’ouverture / International

  • Date: 09 Jun 2022
  • Heure: 21:00
  • Lieu: BAB EL MAKINA
  • Prix: €35

« L’architecture est le grand livre de l’humanité », Victor Hugo – Notre-Dame de Paris

Dans la tradition des grands spectacles proposés à Fès par Alain Weber, avec un mapping géant et des musiciens de différentes traditions, nous sommes invités à voyager en musiques et en images projetées sur les murs séculaires de Bab el Makina, au travers des cinq grandes religions du monde : Islam, Chrétienté, Judaïsme, Bouddhisme et Hindouisme… Comme un voyage qui partirait du Maroc, pour y revenir, les oreilles vibrantes de la beauté des musiques et architectures du monde.

« De la cathédrale gothique à la synagogue hébraïque, du marbre immaculé de l’Inde mongole aux zelliges d’argile des mosquées impériales du Maroc, le visible rend hommage à l’invisible, trace des axes verticaux entre le Créateur et sa création, le ciel et la terre, le cosmos et la nature.
La parole divine semble se blottir dans le recoin des pierres, souvent éclairée, par quelques parcelles de lumière, filtrant à travers vitraux ou moucharabieh. Les colonnes favorisent l’élévation de nos esprits et le relief du clair-obscur nous suggère cette sensation de retour au jardin d’Éden.
Un paradis architectural dessiné par des artisans issus du compagnonnage, qui avec leurs règles et compas, ont fait se côtoyer angles droits, cintres, voutes, coupoles et ogives à travers une géométrie et une partition souvent soumise à la divine proportion. Celle issue du nombre d’or défini par Euclide, comme encore jusqu’à nos jours, certaines compositions musicales.

Ainsi, de l’écrin de ces bâtisses éternelles, rythmes incandescents, voix abruptes ou cristallines, tournoieront et serpenteront comme un oiseau, cherchant à s’envoler bien au-delà des colonnes et des dômes.
En partant de l’horloge hydraulique, la Būcināniyya, (758 de l’hégire/1357 après J.-C), qui rythmait le temps de Fès, des voix célèbrerons la majesté des rosaces médiévales comme celle de Notre-Dame dite « rose à rayons » (1250). Cette « rose » nous renvoie par la composition chimique de ces 25.000 morceaux de verre issu du sable, à la matière même des mandalas tibétains. Ces derniers expriment, eux, la roue de l’existence mais aussi l’éphémère de nos vies terrestres, en contraste avec ce défi du temps qu’évoque aujourd’hui la grande mosquée Hassan II.
Une centaine d’artistes, des chants sacrés du Maroc appartenant aux 3 religions monothéistes au qawwal indien, de la danse kathak qui contait autrefois les faits des divinités du sanātanadharma (la loi éternelle) aux poèmes bouddhistes de Milarepa, tous exalteront un sacré qui a réussi à traverser jusqu’à nos jours toutes les crises de notre humanité. ».

Alain Weber.

Distribution
Alain Weber : conception et mise en scène
Ramzi Aburedwan : direction d’orchestre, compositions et arrangements pour orchestre
Spectaculaires – Allumeurs d’images (Franck Marty : directeur artistique) : Mapping

 

Compagnies artistiques par ordre d’apparition :

Françoise Atlan, chant (Maroc)
Françoise Atlan est le chaînon manquant d’une Méditerranée habitée de cette multitude de courants musicaux, fruits de migrations les plus extraordinaire. Son expression vocale est une traversée de l’histoire judéo-arabe et berbère. Au-delà de ses connaissances musicologiques et de son approche de la musique classique occidentale, elle porte dans sa voix et son émotion le recueil de mille et une paroles, romances sépharades, berceuses, poésies sacrées hébraïques ou soufies.

Delrevés, compagnie de danse verticale, Saioa Fernandez Camazon et Eduardo Torres (Espagne)

Delrevés, fameuse compagnie de danse dite verticale, A été fondée à Barcelone par Saioa Fernandez et Eduardo Torres en 2007. Delrevés offre une nouvelle vision de la danse verticale, créant un langage poétique où le geste devient comme sanctifié, l’acrobatie comme expression du sacré comme elle était autrefois à son origine notamment dans les temples
sacrés de l’Inde.

Choeur de chambre du Maroc dirigé par Amine Hadef (Maroc)
Amine Hadef, chef du Choeur de chambre du Maroc,est né à Casablanca.Après avoir étudié le piano et l’orgue, il intègre le Jeune choeur de Paris sous la direction de Laurence Equilbey, et avec la Maîtrise Notre-Dame, se produitrégulièrement en tant que soliste.

Lobsang Chonzor, barde de l’Himalaya, chant et luth dranyen (Tibet)
Lobsang Chonzor , le luth des bardes de l’Himalaya, chante notamment les louanges de Milarepa (1040-1123) qui incarne à lui seul le poète, l’ascète, le maître spirituel porté par une légende initiatique. Porté par un mandala tibétain géant, Lobsang Chonzor chantera la poésie de Milarepa.

Aziz Erradi, chant et guembri et ensemble gnawa avec Amine Tewfik (Maroc)
Si Aziz Erradi se retrouve face au barde Lobsang Chonzor ce n’est pas par hasard. Tous deux, que leurs ancêtres aient traversé les déserts de l’Himalaya ou du Sahara, possèdent cette même vision nomade et errante, qui flotte entre plusieurs mondes ou ondes. Ainsi leurs luths que ce soit le dranyen ou le guembri résonnent des mêmes notes fondatrices d’une certaine profondeur mystique.

Kathak Academy et Anuj Arjun Mishra Dance Company (Inde)
La virtuosité rythmique et la gestuelle de la danse kathak, sorte de tourbillon du corps et de l’âme, font du kathak une expression presque céleste. Anuj Mishra héritier de son père Arjun récemment décédé est un prodige de la danse Kathak. Aussi chorégraphe, il dirige sa propre compagnie. Ses danseurs et danseuses qui unissent la beauté du corps et le rendu mimé des sentiments, peuvent exprimer toute une gamme d’émotions (abhinaya).
Frappement des pieds, sonorités scintillantes des grelots, pirouettes impressionnantes de rapidité feront jaillir un mandala de fleurs colorées.

Les Roohani Sisters, chant Sufi Jugalbandi (Inde)
Le Taj Mahal considéré comme le plus grand joyau architectural de l’art indo-islamique, repose sur une combinaison rythmée de pleins et de vides, d’éléments concaves et convexes, d’ombres et de lumières, où les arcs et les coupoles en rehaussent l’aspect esthétique. Ces particularités sont assez proches du chant Qawwali proposé par les Roohani Sisters. Les paroles immaculées des poèmes sacrées, des louanges au saint, répétées comme une invocation en différentes langues (ourdou, panjabi, farsi, purbi…) semblent s’élever vers le ciel avec la même ferveur que le marbre blanc et les
4 minarets de cet édifice mythique.

Mohammed Motamedi, chant, accompagné de Maziy ar Ghasemi, duff (Iran)
Mohammed Motamedi, conscient d’être un chainon de la transmission de la grande culture persane, est capable d’épanouir sa propre personnalité, à la fois humble et profonde, au sein de la nomenclature du radif, la règle classique de la musique persane, et ainsi de s’approprier la parole inspirée des grands poètes de Rumi à Ferey Dun Moshiri ou Hafez.

Grand choeur Sama de Fès dirigé par Nouredine Tahiri (Maroc)
La pratique du samâ‘a est liée historiquement aux milieux soufis,sur l’autorité«des gens de la Voie». Les villes de tradition au Maroc, Fès, Marrakech, Rabat, Salé, Tétouan ont su préserver jusqu’à nos jours cette pratique vivace. Une pratique enrichit par les assemblées des récitatifs de mussammi’s et musiciens de talent , particulièrement à Fès, la capitale spirituelle du Maroc.