El Gusto - Algérie

« Car le luth est un roi qui avance sans hâte / Entraînant ses soldats qui le suivent de près. » 
Ibn Zeydoun

El Gusto, mot espagnol signifiant le goût, a voyagé avec les Maures en Afrique du Nord et comme beaucoup d'autres mots espagnols a intégré le dialecte algérois. Dans la langue d'Alger, El Gusto est devenue une véritable expression pour qualifier « la bonne humeur, la joie de vivre. »

L'orchestre a été appelé El Gusto précisément parce que ses musiciens incarnent à la ville cette joie de vivre, celle de se retrouver entre amis pour chanter la musique chaâbi, chère au peuple d'Alger.
Comme aimait à la rappeler M. Bernaoui : « Mon gusto, c'est le chaâbi ».

A l’origine du chaâbi algérois, au cœur de la musique arabo andalouse et judéo – arabe, ce grand orchestre réunit les grands maîtres et stars d’une musique historique et joviale, née dans la casbah d’Alger. Une musique « el gusto » qui célèbre la vie mais aussi le sacré dans un répertoire spécialement choisi pour ce festival.

Version algérienne du Buena Vista Social Club, ce grand orchestre d’une vingtaine de musiciens arabes et juifs se retrouve cinquante ans après les événements liés à l’indépendance de l’Algérie...

Sur scène, comme dans le film que leur a consacré Safinez Bousbia, ils célèbrent chaleureusement leurs retrouvailles ! Il faut dire qu’ils ont fait les grandes heures du chaâbi de la Casbah d’Alger, cette musique populaire et festive inspirée du répertoire arabo-andalou (dont nous connaissons Ya rayah, de Dahmane el Harrachi et reprise par Rachid Taha).

Ces musiciens sont des vieux maîtres du chaâbi, compagnons de rangs de la première école de musique de ce genre musical fondé par Hadj el Anka, et que Safinez Bousbia, jeune algéro-irlandaise, a réuni. En effet, lors d’un voyage à Alger, elle entre dans une échoppe de la Casbah, attirée par un miroir, et fait la rencontre de l’un d’entre eux...

Elle a retissé le fil qui les reliait alors : la musique chaâbi (littéralement, populaire).
Véritable patrimoine, cette musique née au milieu des années 20, s’inspire de la musique arabo-andalouse et des poésies écrites au XVe siècle qui se sont mêlées aux chansons populaires des pêcheurs, des dockers et des barbiers de la Casbah d’Alger. Né des influences berbères, andalouses et des chants religieux, c’est El Anka (1907-1978) qui invente « ce son magique qui résonne ».

Cette musique nouvelle touche tous les habitants: Musulmans, Juifs, Italiens, Espagnols, tout le monde vit au rythme du chaâbi !
Pionniers de cette musique mais aussi auteurs de certaines de ses plus belles mélodies, ces “papys du chaâbi” retrouvent enfin la reconnaissance dont ils ont été privés il y a 50 ans, avec la guerre d’Algérie...

Ce groupe se produira pendant la nuit de la Médina 2




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11 Juin 2013 : 19H30 et 22H

Au coeur de la medina