Ensemble Lyannaj Bélé de Martinique - France

Hommage à Aimé Césaire

« Le martin-pêcheur happant brin d’oriflamme par brin d’oriflamme s’invente un petit matin de soleil ivre, Salut martin-pêcheur grand tambourinaire ! Tambour - coq Tambour - toucan Tambour - martin-pêcheur Tambour ! mon sang audible ! Assotor mon cœur, battez. Mes hounsis ! mes enfants ! quand je mourrai, Le grand tambour n’aura plus de son. Alors qu’il batte, qu’il batte, le grand tambour Qu’il me batte un fleuve de sang, Un ouragan de sang et de vie Mon corps ! Papa Sosih Baderre Merci mon nom vaillant ! ».

extrait de « La Tragédie du Roi Christophe»
Aimé Césaire

Poète, dramaturge, écrivain, homme politique, incessant combattant pour la dignité et l'égalité, Aimé Césaire voulut rester toute sa vie un rebelle, un Libre, Césaire fut un acteur de son siècle.
Le bélè, tradition où se mélangent, les tambours, la danse et la parole,  a su se perpétuer dans le courant de la Négritude développé par Aimé Césaire au début des années soixante, lorsque la revendication d'une idée nationale a commencé à poindre en Martinique. Dès lors, le bélè a affirmé une identité, il est devenu porte parole d'une culture originale qui prend ses racines en Afrique...
Dans la tradition des Caraïbes, le tambour est non seulement l’instrument des rites d’Afrique et de la mémoire, mais il est aussi le tambour de la parole, on le sort et on le joue pour prendre la parole.
Aimé Césaire s’est beaucoup inspiré des symboles propres au monde antillais, au langage africain. Lorsque l’âme s’exalte, la poésie apparaît, la langue devient musicale, le verbe et le rythme tambour traditionnel restituent le pouvoir de la parole et cette parole devient l’instrument majeur de la pensée, de l’émotion, de l’action. On renoue avec les anciennes cérémonies rituelles, où la parole avait un pouvoir magique.
Le Bélè (ou bel-air) prend sa source dans les cultures africaines emmenées par les esclaves en Martinique, comme dans de nombreuses traditions musicales des Caraïbes et des Amériques. Les Swaré Bélè expriment la transcendance d'un simple amusement et furent très largement associées aux chants de travail et au monde de la canne et des plantations.
Son répertoire est basé sur de nombreux chants "à cadencer le travail", mais aussi sur des formes de lutte et de combats.
Dans l'environnement des bois et des plantations de la Martinique, cet art populaire complet a commencé à s'élaborer dès le 17ème siècle, lorsque les esclaves, bravant les interdits, ont inventé chants (bel air) et figures de danse, les perpétuant dans une culture orale, s'adaptant et improvisant jusqu'à aujourd'hui.

Il existe deux formes de bélè distinctes: du Nord et du Sud de l'île avec de nombreuses variantes rythmiques et de figures de danse et de combat.
La musique possède son propre langage codé, tout comme celui du corps des danseurs ou des danseuses et demeure un moyen de perpétuer sa terre d'origine et de resserrer le lien social.
Le rythme est donné par des baguettes appelées ti bwa que l'on frappe sur l'arrière du tambour.
Le chanteur soliste commence, et les chœurs (répondè) lui répondent. Le ti-bwatè (joueur de ti bwa) intervient, suivi par le tambouyè avec son tambour bèlè. Se poursuit en rythme un dialogue avec les danseurs et danseuses évoluant en solo, en duo voir par quatre.
Les influences européennes se retrouvent aussi dans certaines danses issues du quadrille. D'autres danses, comme la kalenda, sont plus proche de la culture africaine (la kalenda donnera naissance à la biguine au 19ème siècle).

Oublié avec l'apparition des nouveaux genres musicaux à la fin du 19ème siècle, le bèlè a été véritablement réhabilité dans les années 80 grâce au travail d'artistes comme Eugène Mona, Edmond Mondésir, Kali, Kolo Barst...et perpétué par les familles Rastocle, Casero, Grivelleras, Persan, Cesarec...
Un ensemble constitué spécialement pour le Festival sera mené sous la houlette de Manuela Andéaol.

Ce groupe se produira pendant la nuit de la Médina 1



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10 Juin 2013 : 19H30 et 22H

Au coeur de la medina