Coumbane Mint Ely Warakane - Mauritanie

L’art des griots du désert

« Un jour, le grand maître soufi  Lal Shahbaz Qalander errait  dans le désert, avec son compagnon Baha ud-Din, c’était l’hiver et il faisait froid la nuit, ils voulurent faire un feu.
Baha ud-Din suggèra à Lal Shahbaz de se transformer en faucon et de ramener du feu de l’enfer. Il s’envola mais revint bredouille : « Il n y a pas de feu en enfer, ceux qui vont là-bas amènent leur propre feu et leur propre souffrance de ce monde » dit-il »

L'art des griots mauritaniens est un art à la fois savant et classique. Expression de la culture hassanide, il est un extraordinaire point de convergence entre l'univers arabo-berbère et l'univers noir de l'Afrique de l'Ouest et comme toute poésie traditionnelle est le fruit d’une révélation.

"... c'était un musicien obscur, client des Ulâd Mbârak qui travaillait comme palefrenier. S'étant endormi sous un arbre, il rêve que le Prophète Mohammed s'approche de lui et crache dans sa bouche. Quand il s'éveille, sa gorge est gonflée et seul le chant peut y remédier. Depuis lors, il a en lui comme une source intarissable de musique et de poésie qui coule sans même qu'il fasse un effort".
(Musique, honneur et plaisir au Sahara – Michel Guignard )

La voix brute et passionnée de Coumbane Mint Ely Warakane devient hallucinée lorsqu'elle s'entremêle avec des claquements de mains frénétiques, louant les anciens dignitaires des tribus, évoquant les guerriers et les campements d'autrefois.

Dans la poésie du désert, l’eau et les arbres deviennent les métaphores d’une vision paradisiaque, l’oasis est l’incarnation dans le désert du « bustân », le jardin caché symbole de la civilisation arabo-andalouse. 
La terre mauritanienne reste le lien entre l'Afrique blanche et l'Afrique noire. Au XI° siècle, naissait au Maroc l'empire Almoravide qui exportera l'Islam vers ces nouvelles terres du Sud.

Les poésies populaires sont chantées en hassâniyya, l'arabe dialectal, tandis que les poèmes classiques comme les vieilles qasîda-s, sorte d’épopées, sont chantés en arabe classique.

Pour certains, le mot qui désigne le griot: iggiw serait originaire du wolof gêwel, pour d'autres de l'arabe îqa (rythme) mais l'hypothèse la plus vraisemblable est l'origine berbère : iggiw viendrait de awi et iwi (porter, rapporter, improviser).



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9 Juin 2013 : 16H

Musée batha



10 Juin 2013 : 22H30

Bab Boujloud